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Il y a plus de 10 ans que nous avons à la maison une petite chienne noire. Elle s’appelle Djella et elle a, bien qu’étant très affectueuse, un bon petit caractère bien trempé ! Elle n’était qu’un bébé chien lorsqu’un jour en arrivant dans la cuisine, je l’ai trouvée sur la table en train de nettoyer les assiettes à sa façon.
Je pensais qu’il fallait qu’elle comprenne que ce ne sont pas des choses à faire et je décidai de lui donner une correction. Je me suis emparée d’une ceinture (je croyais que le fouet était bon pour les chiens...) et j’ai voulu la frapper. Mais comme ce n’était qu’un bébé chien, je ne voulais pas lui faire de mal. J’ai replié la ceinture en deux, j’ai levé la main et vlan ! la ceinture m’a glissé des doigts. La boucle a fait un drôle de tour dans l’espace, est revenue à toute vitesse et m’a frappée en plein sur le tibia ! Le choc a fait une bonne fente qui aurait mérité un point, mais je ne me voyais pas aller au groupe médical expliquer mon cas !!!
J’ai compris que la ceinture n’était pas une bonne solution !
Environ 1 à 2 ans plus tard, je me suis vraiment fâchée de nouveau. Djella n’aimait pas être seule et quand on la laissait, elle faisait des bêtises, mettait mes chaussons en miette et en faisait un tas sur le paillasson, vidait le panier de linge sale… Un jour, j’ouvre la porte et je vois tout le linge étalé dans tous les coins ! Oh ! J’étais en colère ! Et … Je lui envoie un bon coup de pied dans le derrière. Le comble, voilà que je me casse l’orteil !
Pendant un mois, j’ai du porter un chausson et à ce moment là, j’allais à l’École Normale...
La honte ! Et bien sûr, personne ne m’a plaint ! J’ai pensé que la prochaine fois que je donnerais un coup de pied à Djella, il faudrait que j’aie une bonne chaussure bien solide …
Mais je crois, que ce n’était pas cela qu’il fallait comprendre …
Il y a quelques semaines, je suis revenue de Toulouse et pendant 1 heure et demie, j’ai essuyé un fantastique orage, et c’était vraiment très difficile de conduire… Je suis arrivée à la maison à bout de nerfs, il pleuvait fort et Djella était dehors.
En plus, elle a horreur de l’eau, elle m’a accueilli en élevant une montagne de plaintes, gémissant, aboyant d’une façon intempestive, en fait elle me reprochait de ne pas ouvrir la porte assez vite . Mais je n’avais pas la clé ! Elle était cachée à l’autre bout du jardin ! Oh ! la colère m’a enflammée comme de l’essence jetée sur du feu, et je lui ai décoché un bon coup de pied !
Tout de suite, je n’ai pas été fière de moi, vous savez ! J’avais déjà du remords, et mon cœur est devenu bien lourd… Il devenait de plus en plus lourd et moi j’étais de plus en plus mal à l’aise. Je pensais : "Quand même, je ne vais pas demander pardon à un chien !!! Oh la la ! quand même, ça ne se fait pas une chose pareille, qu’est ce qu’elle en sait Djella du pardon et de tout ça ? »
Mais, mon état d’âme ne s’améliorait pas, alors j’ai été dans le cellier. Je pensais : « Heureusement qu’il n’y a pas de fenêtres, car personne ne me verra demander pardon à un chien ! Oh ! tout le monde penserait que j’ai l’esprit dérangé… »
Djella était couchée dans sa panière, elle ne dormait pas, et me regardait d’un air lugubre. Je m’approchais et lui dis : « Pardon Djella.. »
Et bien, je ne sais pas si les chiens font des sourires, mais je crois qu’elle m’en a fait un très beau, elle avait l’air heureux tout à coup. Elle a poussé un gros soupir et s’est endormie béatement…
Cette expérience m’a touchée, et je crois que plus jamais je ne frapperais Djella.
Car c’était différent que d’avoir le mollet ouvert, c’était différent que d’avoir honte à cause d’un chausson, c’était quelque chose qui venait du plus profond de mon cœur…
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